Guernica ou Gernika-Lumo, nom officiel basque, est une municipalité et une ville de la province de Biscaye, située dans laCommunauté autonome du Pays basque, en Espagne.
Capitale historique et spirituelle du Pays basque, elle est particulièrement célèbre pour sa destruction, le 26 avril 1937, par les aviateurs de la légion Condor, envoyée par Hitler afin de soutenir le général Franco.
Ce bombardement a choqué et inspiré de nombreux artistes : Guernica est également le nom d'un des plus célèbres tableaux de Pablo Picasso,

Le lundi 26 avril 1937, pendant un jour de marché, la petite ville basque de Guernica est bombardée par des avions allemands et italiens.C'est la première fois dans l'Histoire moderne qu'une population urbaine est sciemment massacrée. Ce massacre a été voulu par Hitler, allié du général Franco dans la guerre civile espagnole, pour terroriser la population civile . " André Larrané
Lorsque les franquistes dirigent leurs attaques sur le pays basque et les Asturies, au nord-ouest de l'Espagne, la Légion Condor va s'acquérir une sinistre notoriété en bombardant Guernica..
Un symbole des libertés basquesCette ville était connue pour son chêne sacré au pied duquel se réunissaient depuis le Moyen Âge les représentants du peuple basque.
Tous les deux ans, du règne d'Isabelle de Castille à 1876, les représentants de la couronne espagnole avaient coutume de renouveler à cet endroit leur serment de respecter les libertés basques. Le président de la Deuxième République avait renouvelé la tradition en prêtant serment devant le chêne, le 7 octobre 1936, de respecter la très large autonomie accordée au pays basque par son gouvernement. Ce fait avait sans doute nourri le ressentiment des franquistes à l'égard de la ville.
Mais Guernica était aussi devenue au XXe siècle une cité industrielle de 7.000 âmes, pourvue de plusieurs usines d'armement.
La veille du drame, elle est traversée par les combattants républicains basques, lesgudaris. Ils fuient l'avance des franquistes et tentent de gagner Bilbao, au nord, en vue d'y organiser une nouvelle ligne de défense. Le baron von Richthofen propose à ses alliés espagnols de couper la route aux fuyards en détruisant le pont de Rentería, au nord de Guernica. Il n'est pas officiellement question d'attaquer la ville proprement dite.
Une tragique premièreDans les faits, les 33 bombardiers de la Légion Condor emportent dans leurs soutes non seulement des explosifs brisants et des bombes antipersonnelles utiles pour cette mission mais aussi 2500 bombes incendiaires.
Ces ogives bourrées d'aluminium et d'oxyde de fer sont capables d'élever la température environnante à 2700°C. Rien à voir avec la simple destruction d'un pont !
Accompagnés de plusieurs chasseurs et d'avions italiens, les bombardiers attaquent la ville en plusieurs vagues, au moment où se tient le marché, de 16h30 à 18h. Les deux tiers des maisons, la plupart en bois, sont détruites et incendiées.
L'attaque fait selon les estimations les plus plausibles 800 à 1000 morts (*). Il est possible que le général Franco n'en ait pas été informé au préalable... ce qui ne veut pas dire que, dans le cas contraire, il s'y serait opposé.
Trois jours plus tard, le 29 avril, c'est par ce même pont de Renteria que les franquistes font leur entrée dans la ville dévastée. Le général Emilio Mola, qui n'a rien d'un tendre, est lui-même choqué par le spectacle de désolation. À l'étranger, les révélations sur le bombardement entraînent beaucoup de démocrates à retirer leur soutien au général Franco et au camp nationaliste...
Indignation picturale
Dans les semaines qui suivent la tragédie de Guernica, alors que l'opinion internationale est encore sous le coup de l'émotion, le gouvernement espagnol (républicain) commande (et paie) à Pablo Ruiz Picasso, peintre espagnol résidant à Paris, une oeuvre destinée à en perpétuer le souvenir.
L'Espagne réconciliée avec elle-même expose aujourd'hui la toile au Musée de la reine Sophie, à Madrid, non loin de la gare d'Atocha... Cette gare a été frappée le 11 mars 2004 victime d'une autre forme de folie liée aux tragédies moyen-orientales.


De la nuit et des champs
Visages bons au feu visages bons au fond
Aux refus à la nuit aux injures aux coups
Visages bons à tout
Voici le vide qui vous fixe
Votre mort va servir d'exemple
La mort coeur renversé
Ils vous ont fait payer le pain
Le ciel la terre l'eau le sommeil
Et la misère
De votre vie
Ils disaient désirer la bonne intelligence
Ils rationnaient les forts jugeaient les fous
Faisaient l'aumône partageaient un sou en deux
Ils saluaient les cadavres
Ils s'accablaient de politesses
Ils persévèrent ils exagèrent ils ne sont pas de notre monde
Les femmes les enfants ont le même trésor
De feuilles vertes de printemps et de lait pur
Et de durée
Dans leurs yeux purs
Les femmes les enfants ont le même trésor
Dans les yeux
Les hommes le défendent comme ils peuvent
Les femmes les enfants ont les mêmes roses rouges
Dans les yeux
Chacun montre son sang
La peur et le courage de vivre et de mourir
La mort si difficile et si facile
Hommes pour qui ce trésor fut chanté
Hommes pour qui ce trésor fut gâché
Hommes réels pour qui le désespoir
Alimente le feu dévorant de l'espoir
Ouvrons ensemble le dernier bourgeon de l'avenir
Parias la mort la terre et la hideur
De nos ennemis ont la couleur
Monotone de notre nuit
Nous en aurons raison.

(semaine du Pays basque 20/26 avril 2012)
récit d'après Jean Claude LARRONDE :
Vers 17h , survint un Heinkel 111 allemand parti de Burgos qui jeta lui aussi plusieurs bombes de 50 kilos. Vers 18h arriva un autre Heinkel 111, escorté par 5 chasseurs italiens Fiat CR 32 . »
C'est vers 18 h que la phase la plus dure du bombardement commença avec 3 escadrilles de bombardiers allemands Junker 52, partis de Burgos qui lancèrent 20 tonnes de bombes ( les soldats basques les appelaient « transvias » = tramways » à cause de leurs dimensions énormes.)
D'abord des bombes explosibes puis des bombes incendiaires produisant des températures de 2000 à 3000 degrès. Selon le correspondant du Times à Bilbao Georges Steer : « quand les maisons s'effondrèrent sur leurs habitants, il plut du ciel du feu en conserve pour les embraser »
Pour ajouter à l'horreur, une dizaine d'avions de chasse ( Messerschmit 109 B et Heinkel 51 allemands et Fiat CR 32 italiens ) mitraillèrent la population terrorisée en fuite, en ville comme dans les champs alentour, jusqu'à quatre kilomètres de Guernica, « ce qui relève davantage du sadisme que de la recherche d'objectifs militaires ».
A19h 45, fin du bombardement, Guernica était dévasté, les carcasses des maisons en flammes. Seule la ville haute ( avec la Casa de Juntas et le chêne de Gernika ) avait été épargné. Partout , dans les rues détruites, mêlés aux corps des humains calcinés, beaucoup d'animaux morts. On voyait l'incendie jusqu'à vingt kilomètres, le vent propageant les flammes d'une maison à l'autre.
L'incendie ne fût totalement maîtrisé que le lendemain vers midi grâce à la pluie matinale.
« Euskadi s'apprête à commémorer cette tragique journée qui avait anéantie la petite ville Biscaïenne. Plusieurs cérémonies sont prévues et le prix GERNIKA pour la paix et la réconciliation sera remis cette année à l'ancien président allemand Roman Herzog ( il avait présenté ses excuses au nom de son pays , il y a une dizaine d'année , pour les victimes causées par le bombardement allemand).
Ce sont bien les bombardements de Durango et de Guernica qui annoncèrent la fin du gouvernement autonome basque de José Antonio Aguirre en précipitant lma mise en sécurité, d'abord des enfants : le musicien Polentzi Guezala se souvenait que : « le Gouvernement Basque avait pris la décision d'évacuer les enfants du Pays basqueSud. Ils les envoyèrent en Russie , Grande Bretagne , et au Pays Basque Nord. Ainsi 600 enfants furent emmenés en bateau, accompagnés de médecins , infirmières , enseignants et autres professionnels pour trouver refuge à la Citadelle de Saint Jean Pied de Port. »
Photos : Web
Sources : net / semaine du Pays basque











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